Quand Talisman est devenu bleu

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Histoire de la pochette de l’album


Quand une image cherche encore sa forme

Comme souvent lorsqu’un projet prend vie, il y a des imprévus qui obligent à rester flexible — et parfois même des idées qui s’arrêtent avant d’avoir vu le jour.
Et la pochette de l’album a suivi le même chemin.

Lorsque nous avons commencé à envisager l’enregistrement d’un album pendant la période du Covid, j’ai très tôt imaginé son univers visuel.
Mais à ce moment-là, rien n’était encore fixé : ni la manière d’enregistrer les morceaux que nous jouions déjà parfois en live, ni les musiciens impliqués, ni même la direction exacte de l’album. Alors la pochette changeait elle aussi.

Et pourtant, à chaque fois, j’étais convaincue que c’était LA pochette.

Une pochette doit refléter la musique qu’elle accompagne. Mais tant que je ne pouvais pas encore entendre pleinement l’âme de Talisman, quelque chose restait flou.


Le moment où Talisman est devenu bleu

Puis sont arrivés les premiers mixes de John Shamir.

Je me souviens très clairement de ce moment. J’ai été profondément bouleversée. La musique était lumineuse.

Elle avait une couleur.

Et cette couleur était bleue.

À partir de là, une certitude s’est imposée : Talisman devait être bleu.

Mais aucune de mes idées visuelles ne semblait vraiment juste. Elles étaient intéressantes, mais il manquait ce quelque chose d’essentiel — cette étincelle qui fait qu’une image devient vivante.

Au début, j’apparaissais encore sur la pochette : avec un chapeau, un côté légèrement steampunk.
Puis un portrait de profil, regardant le ciel.
Puis, peu à peu, il ne resta plus que le chapeau.

Et puis… plus rien.


La vision du saphir bleu

Jusqu’à cette nuit.

Dans cet état étrange entre le sommeil et l’éveil, j’ai vu apparaître un saphir bleu profond devant moi.
Il semblait venir des profondeurs de l’univers, avançant lentement, silencieusement, presque sans poids.

Je me suis réveillée avec une certitude simple :

« Voilà ma pochette. »

J’ai ensuite fait quelques essais avec l’IA, simplement pour explorer cette idée visuellement. Mais très vite, j’ai compris que ce n’était pas la bonne direction.

Talisman est un album analogique, fait de voix réelles, de musiciens réels, d’instruments réels. Il fallait une image qui porte cette même vérité.


La rencontre entre musique et peinture

Et puis un nom est devenu évident : Regine Blot.

Regine est une amie et une peintre extraordinaire. Lors de notre prochain déjeuner, je lui ai parlé de cette vision — le bleu, le saphir, cette sensation presque cosmique difficile à mettre en mots.

Elle a immédiatement accepté.

Ce que j’aime chez elle, c’est son ouverture et sa curiosité. Elle qui travaille habituellement avec une grande palette de couleurs allait cette fois se concentrer presque entièrement sur le bleu.

Très vite, elle a transformé cette intuition en image — non pas un saphir littéral, mais quelque chose de plus proche d’un talisman : moins une pierre précieuse qu’un objet chargé d’énergie, presque vivant.


Une image devenue talisman

Et pour moi, c’est exactement cela, cette pochette :
la naissance d’une intuition,
la recherche d’une identité visuelle pour cette musique,
le refus du “facile” avec l’IA,
et la rencontre entre la musique et la peinture.

L’œuvre originale est au format A2. Peut-être deviendra-t-elle un jour un poster dans le merchandising.
Avec la signature de Regine, bien sûr 🙂

Regine Blot sur Artmajeur